Le nucléaire est économique, propre et sans danger : Le contrôle des « dommages »
Lorsque le mythe de l’électricité bon marché commença à s’effriter, la Commission pour l’énergie atomique et les partisans du nucléaire changèrent de discours. Ils prétendirent qu’un jour la production d’électricité atomique aurait des « coûts plus compétitifs » que ceux du charbon, du gaz ou de l’énergie hydroélectrique. Ce but n’a, jusqu’ici, toujours pas été atteint. Mais, même si l’on pouvait produire l’énergie nucléaire à un prix compétitif, la technologie devrait faire face à un autre problème capital : la sécurité.
Dans une centrale électrique normale, un accident ou un sabotage est susceptible de provoquer la mort de quelques dizaines de personnes, au pire quelques centaines. En revanche, comme le prouvait une étude réalisée en 1957 par le laboratoire national de Brookhaven, un accident grave survenant dans un petit réacteur nucléaire de 150 mégawatts situé à 50 kilomètres d’une ville importante tuerait 3 400 personnes, en blesserait 40000 et provoquerait sept milliards de dollars de dégâts. Un accident majeur dans une centrale utilisant un réacteur de 1000 mégawatts tuerait 45000 personnes, provoquerait 300 milliards de dollars de dégâts et un État de la taille de la Pennsylvanie deviendrait alors radioactif. Ces estimations stupéfièrent le comité d’organisation de la Commission pour l’énergie atomique qui avait commandé cette étude. « Nous devons faire très attention d’éviter d’établir ou/et de renforcer l’idée très répandue que les réacteurs sont dangereux, écrivit S. Allan Mough (membre du comité directeur) dans un rapport interne. Même si la Commission pour l’énergie atomique a du mal à contrer la diffusion de cette information ou à promouvoir l’énergie nucléaire, je pense qu’elle ne devrait pas, en essayant de calculer les conséquences d’accidents hypothétiques, se mettre dans une position où elle ne pourrait plus défendre l’installation de réacteurs à proximité des villes. » Le comité directeur décida de ne pas publier l’étude du laboratoire Brookhaven. Lorsque la presse en fut informée par une fuite, la Commission pour l’énergie atomique répondit que ce rapport n’avait jamais été achevé .
En fait, l’industrie nucléaire avait déjà connu une série d’incidents catastrophiques qu elle avait réussi à cacher aux médias. Au fil des années, les accidents se succédèrent.
- À Kyshtym, en Union soviétique, une explosion radioactive massive se produisit dans une décharge nucléaire de haut niveau en 1957, rendant une zone de 110 kilomètres carrés inhabitable pour une période illimitée .
- Dans le réacteur-test en Idaho, SL-i, l’explosion d’une barre de combustible tua trois opérateurs et satura de radiations le bâtiment du réacteur. Trois semaines après l’accident, survenu le 3 janvier 1961, les mains et les têtes des trois victimes étaient encore tellement brûlantes, du fait des radiations, qu’on dut les sectionner et les enterrer séparément dans une décharge pour déchets radio-actifs .
- Le 5 octobre 1966, il se produisit une fusion partielle du surgénérateur Enrico Fermi I de 300 mégawatts à Monroe (Michigan). Les responsables de l’entreprise envisagèrent sérieusement la possibilité d’essayer d’évacuer Détroit, qui se trouvait à 60 kilomètres au nord de la centrale. La nouvelle de l’accident fut cachée jusqu’au début des années 1970, date à laquelle John Fuller, l’un des ingénieurs qui assista à la fusion, publia We Almost Lost Détroit [Nous avons failli perdre Détroit] .
- En 1975, des câbles électriques et des systèmes de sécurité furent endommagés par le feu dans le complexe de Brown Ferry de la Tennessee Valley Authority (Alabama). Le feu provoqua la panique dans la salle de contrôle de l’usine et déclencha un processus qui, s’il s’était poursuivi, aurait conduit à une fusion du réacteur .
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